Vidéosurveillance et violences policières : les procédures judiciaires

La législation belge définit ainsi la vidéosurveillance : « On entend par caméra de surveillance tout système d’observation fixe ou mobile qui collecte, traite ou sauvegarde des images dans le but de prévenir, constater ou déceler les délits ». Comment cela s’applique-t-il quand il s’agit de violences policières, donc de policier.es possiblement incriminé.es ?
Que ce soit du côté des personnes mortes sous l’œil de caméras en cellules, des images partielles ou inexistantes, ou bien des captures d’écrans commentées qui arrivent devant les juges, l’ensemble de la chaîne des images issues des caméras de surveillance pose question lorsqu’il s’agit de violences policières, aussi bien pour les prévenir que pour les constater et les condamner.

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Exemple d'un procès verbal avec des captures d'écran légendées

Les imaginaires à l’œuvre dans le hors-champ

ou À propos de l’ineptie de l’utilisation de captures d’écran dans les procédures judiciaires

L’utilisation dans les PV d’images fixes – de captures d’écran issues de vidéos – ouvre la voie à un champ subjectif d’interprétation. Qu’y a-t-il avant et après la capture d’écran ? Qu’y a-t-il en hors-champ ? L’imaginaire, qui investit toujours le hors-champ, est de surcroît influencé par la description de l’image effectuée par les policier.es en charge de l’enquête.

Ci-dessous, une image qui a été proposée à une IA (Intelligence Artificielle) pour qu’elle en reconstitue le hors-champ. Nous lui avons demandé de générer trois versions, à partir de mots-clefs différents (« maintaining order », « quiet place » et « police brutality »), ces mots l’ont guidée pour interpréter l’image, au même titre que les descriptions qui accompagnent les PV qui en influencent notre lecture. Cette IA a été « nourrie » par des millions d’images disponibles sur internet, qui nourrissent également nos imaginaires.

L’image initiale est issue de la vidéo d’une interpellation policière filmée par une passante au smartphone, à Liège en 2021. La vidéo en entier (visionnable ici) donne des clefs de lecture sur le hors-champ grâce aux sons et aux mouvements de caméra qui en dévoilent des parties.

Ce travail a été réalisé en collaboration avec Maël Delorme.

Maintaining order
Quiet place
Police brutality

Quelques enjeux du développement de la vidéosurveillance à Bruxelles

Certaines images issues de caméras de surveillance interviennent dans des affaires de violences policières, posant la question de leur accessibilité, leur visibilité, et surtout de leur impact en termes judiciaires. Les images de violences policières s’inscrivent ainsi dans différents enjeux du développement de la vidéosurveillance dans l’espace public, dont nous proposons ici des premières pistes d’analyse. Comment se développe ce moyen de surveillance ? Avec quels usages explicites et sous-jacents ?

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Carte des caméras publiques à Bruxelles

Cette carte est une initiative de Technopolice Belgique. Elle est basée sur les données présentes dans OpenStreetMap. La carte initiale représente différents types de dispositifs de contrôle social, chaque type de dispositif y étant isolé par une couche. Nous n’avons activé ici que la couche localisant les « caméras publiques » (installées par des administrations publiques – principalement les communes et régions – pour surveiller l’espace public), mais la police peut tout à fait réquisitionner les images des caméras privées ou ANPR (Automatic Number Plate Recognition).

Technopolice met à disposition un guide pour compléter la carte et organise également des balades avec ce même objectif –> plus d’informations ici.