Filmer la police est un droit.

> Filmer la police n’est pas interdit, et dans le droit belge, ce qui n’est pas interdit est autorisé.
> Filmer la police est reconnu par la jurisprudence comme un usage de contrôle démocratique.
> Le droit à la vie privée du ou de la policier.e doit s’effacer si l’intérêt de la liberté d’expression ou du droit à l’information des citoyen.es est supérieur (art. 10 CEDH ; art. 25 Constitution).
> La police n’a pas le droit de saisir un téléphone ou d’obliger à effacer des images.
> Si les images ont un lien avec une infraction, la police a le droit d’obtenir les images, mais uniquement dans le cadre d’une procédure de « saisie judiciaire » (en suivant la procédure judiciaire).

La diffusion des images peut être source de litige et est soumise à une réglementation.

> On a toujours le droit de communiquer les images à la presse ou aux autorités judiciaires.
> Si les policier.es ne sont pas reconnaissables, on a toujours le droit de diffuser les images.
> Si les policier.es sont reconnaissables, on a le droit de diffuser les images sans l’autorisation de la personne concernée si :
• l’objectif est de contribuer au débat public d’intérêt général,
• en exerçant notre droit journalistique d’informer, l’expression universitaire, artistique ou littéraire,
• en exerçant notre liberté d’expression : ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations.

Le droit à la vie privée des policier.es et la liberté d’expression peuvent alors être en contradiction, seul.e un.e juge pourra trancher.

L’application du droit est à géométrie variable.

Ibrahima Barrie est mort en cellule après avoir été arrêté alors qu’il filmait une intervention de police sur un groupe de personnes migrantes à la gare du Nord.

De nombreuses personnes voient leurs téléphones confisqués, sont arrêtées, frappées ou tuées, parce qu’elles filment. Le contrôle d’identité pour arrêter une personne en train de filmer sert souvent de prétexte légal. Encore une fois, les jeunes personnes racisées sont davantage victimes de ces abus. C’est pourquoi, les images ont beau être utiles, cela peut être nécessaire d’être prudent.e pendant la prise de vue (ne pas être en situation d’outrage, rester discret.e, enregistrer directement en ligne avec Snapchat par exemple, etc.).

Sources : Caroline Carpentier, avocate / Mathieu Beys, Quels droits face à la police ? (ed. couleur livre, 2014)

Liège, Place Saint-Lambert, 8 mars 2021

Le copwatching

« Si on veut jouer sur les mots, nous surveillons les surveillants (…) mais nous on surveille juste ceux qui surveillent et ils n’aiment pas ça, ils nous le disent, ils nous le crient à la figure et ils nous le font sentir.»
(‘Copwatch’ France).

Le copwatching, littéralement « regarder/surveiller les flics », désigne la prise de vue et la diffusion d’images de policier.es dans l’exercice de leur fonction, pour empêcher ou dénoncer des violences. Ce terme renvoi initialement davantage à une organisation collective qu’à des pratiques individuelles. Retour sur l’histoire de ce mouvement : Comment est-il apparu ? Quels sont les différents usages qu’il recouvre ? Comment les évolutions technologiques en ont déplacé les enjeux ? À quoi cette pratique ressemble-t-elle aujourd’hui en Belgique ?

 

Bruxelles, parvis de Saint-Gilles, 15 août 2021

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Du contre-champ à la production d’un contre-récit

Un champ : les images policières. Un contre-champ : celles filmées, généralement au smartphone, par un.e passant.e, une personne contrôlée, son ami.e… Une guerre des images a lieu, particulièrement autour de la question des violences policières, car les images sont au cœur des mises en récit.
Face au récit dominant, celui de la police, de la justice, des politiques et de certains médias, la lutte contre les violences policières passe par la nécessité de construire un contre-récit. Il puise ses racines dans internet et sa multiplicité, et les récits qui en émergent sont protéiformes, en fonction des modes de diffusion.
Comment et pourquoi se construisent ces contre-récits ? Quels enjeux, objectifs et outils mobilisent-ils ? Quel contre-pouvoir génèrent ces récits et quelles limites rencontrent-ils ?

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Analyse d’impact : journaliste, avocate et militant témoignent – Table ronde

Au cinéma Nova, le 12 juin 2022, au sein du cycle « Screenshot Images de révolte, images révoltantes : à quoi bon le cinéma? » table ronde avec :  Antoine Schirer et Emile Costard (réalisateurs, motion designers et journalistes indépendants), Joke Callewaert (avocate dans le cabinet PLN ) et Nordine Saïdi (membre du comité de soutien Justice pour Lamine Bangoura et membre fondateur de Bruxelles Panthères). Organisée et introduite par Maud Girault. Captation sonore : Laure Lapel.

Captation sonore de la rencontre

Villemomble, Seine-Saint-Denis, 2013

Notes synthétiques de la table ronde : Impacts d’image de violences policières prises au Smartphone

Dans les situations de violences policières, quelle est la puissance des images prises au Smartphone ? Quelle est leur capacité à faire contre-récit, critique, analyse ? Quelle est leur place dans le contre-pouvoir démocratique ?

Ces notes synthétiques extraient des interventions de la conférence les éléments de réponse apportés par les intervenant·e·s, selon trois réalités différentes et interconnectées : l’enquête journalistique, l’univers juridique et la réalité des familles de victimes.

 

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